

Ce 11e album studio de Dierks Bentley nous révèle un vieux routier du country en pleine réflexion. La superstar a confié à Apple Music que le titre Broken Branches représente en partie la communauté musicale soudée dont il fait partie depuis le début de sa carrière, et à quel point ces liens sont essentiels à la fois pour sa démarche artistique et son bien-être personnel. « On est tous et toutes des branches cassées de l’arbre généalogique », a-t-il dit. « Ici, à Nashville, on a créé notre petite communauté d’artistes de la musique, d’idéalistes et de stratèges, et ça peut vraiment peser quand on n’a pas ce soutien familial autour de soi. » (En parallèle de l’album, Bentley a lancé le Broken Branches Fund, un partenariat avec Music Health Alliance visant à offrir aux artistes et aux professionnel·les de l’industrie musicale des ressources en santé mentale.) Broken Branches s’ouvre sur « Cold Beer Can », une collaboration légère et touchante avec Stephen Wilson Jr. qui joue sur les mots pour montrer comment le simple fait de partager une bière peut créer des liens. « Jesus Loves Me » intègre l’hymne classique du même nom comme ancrage à une chanson de rupture axée sur la rédemption après un chagrin d’amour. On est loin de la source d’inspiration de « She Hates Me », une autre chanson de rupture aux racines inattendues : le hit post-grunge de Puddle of Mudd « She Hates Me » (2001), dont le riff d’intro si reconnaissable est ici repris dans un récit d’amour perdu plus grand public. Parmi les autres moments forts, on trouve un duo avec sa complice Miranda Lambert, « Never You », qui met pleinement en valeur la voix unique de la chanteuse, ainsi que la pièce-titre, une collaboration joyeuse et débridée avec Riley Green et la légende vivante John Anderson. Ci-dessous, Bentley nous fait part de ses réflexions sur quelques morceaux clés. « She Hates Me » « J’écrivais avec Stephen Wilson Jr. et on venait de finir une chanson sérieuse; on participait à une petite séance à Nashville. On se retrouvait tous pour écrire pendant quelques jours. Je m’apprêtais à aller travailler avec d’autres gars sur un autre morceau, et cette chanson-là est sortie comme ça, pendant une petite pause. Quelqu’un a commencé à jouer cette progression d’accords et quelqu’un a lancé : “She hates me”. Et la seconde d’après, on était en train de travailler sur ce morceau. Il a été terminé assez vite, et c’est juste une de ces chansons, comme “5-1-5-0” ou un truc du genre, qui s’imposent naturellement. Puis, quand il a fallu choisir un simple, on s’est dit : “Cette pièce est quand même assez le fun.” Je crois que je suis plutôt bon pour reconnaître que l’humour, parfois, c’est important. Et que s’amuser, c’est bien aussi. » « Broken Branches » (feat. John Anderson et Riley Green) « En matière de collaborations, y a jamais vraiment de plan ou de stratégie – pour le meilleur et pour le pire. C’est toujours la chanson qui dicte tout. Et quand j’ai entendu celle-là, je l’ai adorée. J’aime cette idée qu’on est tous et toutes des branches cassées d’un arbre généalogique, des marginaux et des marginales ici à Nashville, où on se construit son propre cercle d’ami·es. Je l’ai entendue tout de suite comme un duo. » « Never You » (feat. Miranda Lambert) « J’ai beaucoup appris de Miranda rien qu’en observant comment elle fait ses albums. Et peut-être que je l’ai un peu aidée, moi aussi; peut-être en lui montrant ce qu’il ne faut pas faire dans une carrière. Mais l’avoir sur cet album, c’était super. On a enfin fait un vrai duo. On avait déjà fait un truc ensemble avec Jamey Johnson sur mon album Up on the Ridge. Mais c’est la première fois qu’on se retrouve juste les deux. Je lui ai envoyé cette chanson, et à un moment y a une ligne qui parle de longs cheveux noirs tombant sur une épaule [“Your long black hair falling off your shoulder”]. J’avais prévu de changer “noirs” pour “blonds” avant de lui envoyer, mais j’ai oublié. Et puis je reçois le morceau, et elle chante : “That long black hair falling off your shoulder” [“Ces longs cheveux noirs tombant sur ton épaule”]. Je l’ai appelée direct : “Désolé, j’avais prévu de changer pour ‘blonds’.” Et elle me répond : “Oh, j’ai juste cru qu’on chantait à propos de [ta femme] Cass.” J’ai dit : “On pourrait faire ça, mais ça changerait un peu le sens de la chanson. Je sais pas si les gens sont prêts pour ça. On va plutôt faire une vraie chanson d’amour entre toi et moi. On laisse ma femme en dehors de ça.” » « For as Long as I Can Remember » « On fait tout ensemble en famille. Y a eu des moments où on dormait tous et toutes dans la même pièce parce qu’on aime être ensemble; on appelait ça la meute de loups,. Ce que je me rappellerai de notre famille, c’est justement ces petits moments idiots. Et aussi certaines choses en tournée : les pataugeoires, les craies, les minigolfs, les virées chez Target qu’on a faites ensemble sur la route. Encourager nos équipes ensemble. J’essaie d’être là pour tout ça. Je fais beaucoup de vaisselle. Beaucoup de lavage. On fait tout ça ensemble. Tout le monde met la main à la pâte. On a trois enfants. Et j’espère qu’au final, ce qu’ils se rappelleront de moi, c’est juste que j’ai été leur papa un peu fou. »