

Le superpouvoir de Roy Woods a toujours été sa transparence. Sur son premier album, Waking at Dawn (2016), le natif de Brampton, en Ontario, se débattait avec les tentations et les privilèges liés à son ascension dans le monde du R&B. Il avait 20 ans, et essayait tant bien que mal de rester fidèle à ses désirs les plus profonds. Près de dix ans plus tard, sur Dark Nights, l’artiste a mûri, mais sa quête de l’amour demeure compliquée. La pièce d’ouverture, « So Obvious », donne le ton : « Summer’s over/It’s so obvious » [librement : « L’été est fini/C’est évident »], chante-t-il d’une voix mélancolique sur une production percutante signée par son collaborateur régulier Dimi. On l’entend : il réaliser que les relations peuvent être éphémères, comme les saisons. Mais Woods ne manque pas de lucidité. Il plonge en lui-même dans « Stay With Me », reconnaissant les tensions que sa carrière impose à ses relations. « What I Used to Get Into » s’incrit dans la même démarche de renouveau : le chanteur y confesse ses erreurs passées comme un moyen d’aller de l’avant. En neuf morceaux, Dark Nights propose de nombreux moments d’introspection, y compris dans la chanson de clôture, « Tell Me What I’m Living For », où Woods se questionne sur ses choix de vie, se demandant quand tout ça finira par avoir un sens.