

Pendant une grande partie de sa carrière, Nonso Amadi a navigué entre les mélodies polychromes qui ont permis à l’afro-pop de rayonner à l’échelle mondiale et le minimalisme distinctif du mouvement alté dans lequel il a fait ses premières armes. Sur son plus récent projet, TO CRY A FLOOD, la vedette établie au Canada plaide pour que ces deux approches cohabitent. Sur environ 16 minutes, l’ambiance est conciliatrice : des refrains pop ensoleillés se superposent à une instrumentation au tempo modéré, tandis qu’Amadi mêle paroles en anglais et pidgin plus tranchant pour exprimer le désir, le regret et l’acceptation. Enregistré lors d’une longue retraite loin des regards du public, tout comme son premier album, When It Blooms, TO CRY A FLOOD aborde la manière dont la vision du monde d’Amadi s’élargit à mesure qu’il avance en âge et qu’il accepte sa place dans un univers complexe. Mais alors que When It Blooms était plus contemplatif et introspectif, les six pièces de TO CRY A FLOOD présentent Amadi comme un protagoniste qui maîtrise pleinement le cours des choses. Il est prêt à s’investir amoureusement sur « DIVE IN », mais reste lucide, conscient de ses failles et semble peu disposé à changer, préférant s’excuser pour la peine causée sur « SORRY IN ADVANCE ». TO CRY A FLOOD puise aussi largement dans l’eau comme métaphore. Amadi demande à se laisser submerger par la chaleur de l’être aimé sur « DROWN » et réfléchit aux trahisons sur « MMIRI », où sa fusion agile entre afro-pop et alté atteint son sommet.