

Le côté commercial de l’industrie musicale s’avère être une grande source d’inspiration pour Labrinth dans son quatrième album studio, COSMIC OPERA ACT I, qui s’ouvre sur une courte introduction parlée, « Something Like An Opera », en posant le cadre artistique de sa réflexion continue sur ce sujet. Labrinth, artiste polyvalent, avait déjà exploré ce thème dans Imagination & the Misfit Kid (2019), mais cette fois, son approche évolue : au lieu d’un avertissement, ce thème devient un moteur de transformation. Dans la première minute, il évoque une « danse intérieure » qui se révèle être un tango. Et, selon lui, il faut absolument être deux pour danser le tango. Les forces opposées sont donc le thème central de ce projet. Que ce soit dans « Debris », où Labrinth se place au cœur d’un décor en ruine, ou dans « S.W.M.F. », un morceau à l’esthétique science-fiction nichée entre des styles orchestraux cinématographiques, l’artiste explore constamment le déséquilibre entre instinct créatif et impératifs commerciaux. Le piège de la célébrité est particulièrement exposé sur « Orchestra », un arrangement puissant de percussions galopantes, de cordes atmosphériques et d’éclats de cuivres qui amplifient le côté sarcastique de sa performance. L’album se termine sur « Running A Red », un morceau de jazz bluesy et un peu flottant, dans lequel Labrinth semble somnoler à travers les dangers et les obstacles dont il venait tout juste de s’échapper. Cette conclusion laisse une impression d’inachevé, comme si l’histoire du héros de cette épopée futuriste était privée d’un véritable happy end. Mais n’oubliez pas qu’il ne s’agit ici que de COSMIC OPERA ACT I : l’histoire est loin d’être terminée.