Balloonerism

Balloonerism

Les albums rap posthumes peuvent souvent sembler opportunistes : des compilations sans discernement, assemblées à la va-vite pour remplir les coffres une dernière fois… Mais Balloonerism – le deuxième album de l’artiste bien-aimé à paraître depuis son décès en 2018, deux jours avant ce qui aurait été son 33e anniversaire – est bien loin d’être un simple ramassis de pièces rejetées. Enregistré au cours d’une semaine intense de séances improvisées (selon son entourage), il est considéré comme le « projet perdu » de Mac Miller, créé entre Watching Movies with the Sound Off (2013) et le mixtape Faces (2014) – sans doute l’année la plus déterminante de son évolution artistique. « C’est un projet qui était très important pour Malcolm, au point où il avait même commandé une pochette », peut-on lire dans un communiqué publié par la succession de Miller, confirmant la sortie officielle prévue pour l’automne 2024, en réponse aux nombreuses versions non officielles ayant circulé au fil des ans. Parmi les 14 morceaux rêveurs et introspectifs de Balloonerism, il y a une seule autre voix que celle de Mac Miller : celle de SZA, son amie de longue date, sur « DJ’s Chord Organ ». Attribué à l’alter ego de producteur de Miller, Larry Fisherman, ce morceau envoûtant intègre un orgue à accords ayant appartenu au légendaire artiste folk lo-fi Daniel Johnston. Pour le reste, Miller suit son propre chemin, explorant les grands mystères de la vie avec modestie et humour. Le tintement d’un tambourin résonne tout au long de l’album, produit en partie par Thundercat, tout comme les réflexions de Miller sur la mort : à la fois concept, énigme, spectacle voyeuriste et, en fin de compte, le plus grand voyage de la vie. « What does death feel like? » [librement : « Qu’est-ce que ça fait de mourir? »], se demande-t-il à plusieurs reprises sur « Rick’s Piano », pièce qui aurait été enregistrée au studio Shangri-La de Rick Rubin. Dans l’épopée feutrée et saisissante « Tomorrow Will Never Know », le rappeur se contemple d’un point de vue divin et lointain pour conclure avec sagesse : « Living and dying are one and the same » [librement : « Vivre et mourir, c’est la même chose »].