

Tyler Childers n’a jamais choisi la facilité. Il s’inspire des traditions country et bluegrass, mais repousse depuis toujours les limites du genre. Sur Snipe Hunter, son septième album studio, l’artiste du comté de Lawrence, au Kentucky, voit encore plus grand. Avec Rick Rubin à la réalisation (figure mythique et explorateur spirituel notoire), il livre une collection kaléidoscopique de chansons aussi déjantées qu’audacieuses. L’entrée en matière, « Eatin’ Big Time », donne le ton avec son énergie brute. Le morceau tire son nom d’une expression utilisée par Childers et son groupe The Food Stamps pour marquer les coups d’éclat. Et avec des paroles comme « shooting and then skinning a man in a motherfucking mansion » [librement : tirer sur un homme, puis l’écorcher dans un putain de manoir], la pièce donne un bon aperçu du monde délirant dans lequel Childers nous entraîne. « Bitin’ List » va droit au but, avec une entrée en matière cinglante : « To put it plain, I just don’t like you » [librement : Pour le dire en toute franchise, je ne t’aime pas beaucoup]. Cette déclaration s’accompagne d’arrangements aux accents rétro dans lesquels The Food Stamps mord à pleines dents. Plus loin, « Tirtha Yatra » marie réflexions spirituelles et rythme enjoué, alors que Childers s’inspire de la Bhagavad-Gita. Quant à « Oneida », un morceau adoré des fans et interprété en concert depuis 2017, il bénéficie enfin d’un enregistrement studio, créant un pont entre les débuts prometteurs de l’artiste et l’un des sommets évidents de sa carrière.