D R E A M S I C L E

D R E A M S I C L E

Dès son premier album sur une grande étiquette, Hero (2016), Maren Morris a bousculé les règles de la radio country traditionnelle : elle sacrait, critiquait les hommes aller-retour et, dans le simple qui l’a révélée, « My Church », elle renversait l’implication pieuse du titre en déclarant que sa véritable rédemption venait de la radio, et non de l’église. Depuis, l’autrice-compositrice-interprète née au Texas (qui a déménagé à Nashville dans la vingtaine à l’invitation de son amie Kacey Musgraves) a volontairement pris ses distances avec la machine de Music City, tournant en dérision le conservatisme de l’industrie dans « The Tree » (2023) et présentant Intermission, son EP de 2024, comme un projet résolument pop. Les cinq pièces de cet EP sont d’ailleurs réunies avec neuf morceaux inédits sur le quatrième album de Morris, D R E A M S I C L E, un virage encore plus affirmé loin de ses racines country. Pour Intermission comme pour D R E A M S I C L E, Morris s’est entourée d’une équipe de paroliers et parolières pop d’expérience (entre autres Julia Michaels, Tobias Jesso Jr. et MUNA). Impossible de confondre le simple principal « people still show up » avec du country : sur une rythmique lente et envoûtante signée Jack Antonoff, Morris sonne plus funky que jamais dans cet hymne à l’importance des amis et amies qui vous soutiennent après une rupture. « Je l’ai écrite début 2023, avant que plein de choses s’écroulent dans ma vie personnelle », a-t-elle confié à Zane Lowe d’Apple Music, faisant notamment référence à son divorce en 2024. « C’était presque une chanson prémonitoire. » La catharsis est un thème récurrent ici : dans « cry in the car », un clin d’œil au R&B des années 80, Morris fait l’éloge des bienfaits de pleurer au volant; et dans le duo avec Julia Michaels « cut! », ni la thérapie ni le yoga n’accotent la libération d’une bonne séance de cri. Et si « too good » est sans doute le morceau avec le plus de twang, c’est aussi le plus mesquin : « Bitch, you still owe me rent! » [librement : « Tu me dois encore ton loyer, trou de cul »], hurle Morris à un ex, en espérant tout de même que le divan sur lequel il squatte est confortable. « Je n’attends pas la perfection de mes idoles », a-t-elle confié à Lowe. « Je veux qu’elles soient honnêtes, autant que possible. Je veux que ce soit un peu humain, un peu chaotique. »

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